La taverne des Nocturnes

24 février 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Réfléxions et Extrait #3

Salutations ! 
Ici QdNox. 

Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un troisième extrait. 
L'occasion aussi de faire un peu le bilan sur le projet. Je profite aussi du fait que le coin reste relativement calme pour bavarder un peu de tout cela, tranquillement...

Le recueil continue d'avancer petit à petit au gré des heures que je peux consacrer à l'écriture. Pour le dire autrement, le rythme actuel de 1200 mots par session en moyenne pour la version française (et beaucoup moins pour la version anglophone ^^"), mais avec seulement une session par semaine. ^^" 
Pour l'instant, plusieurs histoires sont terminées, d'autres sont en chantier tant que je ne trouve pas le bon équilibre dans le registre de langage.

L'un des obstacles du premier cercle de récits demeure l'introduction de Flofgher Dafarin, le clerc, autre personnage principal majeur au côté du héros. Juste une histoire d'équilibre à trouver, compte tenu de son côté religieux ultra-conservateur. Et pour rendre l'affaire d'autant plus compliquée, contrairement aux autres personnages, l'évolution de Flofgher ne se fait pas vraiment en douceur, et ses convictions tombent les unes après les autres et ,caractère en acier forgé de nain oblige, il refusera de l'admettre, un choix lourd de conséquences. Ainsi la description initiale du personnage est importante car elle donnera aussi aux lecteurs le ton de base. J'aimerais finalement livré le discours d'un gars en quête de vérité, plutôt qu'un adorateur aveugle qui va rapidement en prendre plein la figure sur les raisons motivant sa foi. 

Capture d’écran 2018-02-24 à 15

 

Aussi, aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un passage de la nouvelle "Le Miroir de l'Âme". L'occasion de découvrir un peu à tel point Zorak et Flofgher s'opposent et se complètent en même temps. 

Le Miroir de l’âme / Accross the Soul’s Looking-Glass


Comme au temps de son noviciat, les temps de prière demeuraient toujours quelque chose de bien obscur pour Zorak. Au moins, lorsqu’il était une jeune recrue sortie de l’école, personne ne remarquait ni ne s’émouvait de son absence aux cérémonies. Or, ses nouveaux galons de capitaine impliquaient ce genre de nouvelles responsabilités dont il se serait bien passé. Lors des premières séances, à la vue du désarroi sincère de son ami, Flofgher l’avait invité à son banc. Cependant les trépignements incessants du paladin avaient fini par avoir raison de sa patience, une vertu qui, de toute façon, n’était guère développée chez les nains des montagnes, aussi clerc et aussi diligent fusse-t-il. Délesté de cette compagnie un trop zélée, Zorak avait pu s’acquitter des premiers rangs. Il avait ainsi pris l’habitude de se placer près d’une des grandes colonnes en marbre, le plus près possible de la sortie. Or, si cet emplacement stratégique lui permettait de masquer plus aisément sa somnolence,  l’acoustique s’avérait aussi parfaite pour faire résonner tout l’auditorium de ses ronflements quelques minutes plus tard. Avant que les chefs ne bondissent de leur séant à la recherche de l’outrancier personnage responsable de ce chaos, il y avait alors toujours un complice dans le voisinage pour flanquer un coup de coude salvateur au demi-orc. Et un second tout aussi diligent pour lui tendre hâtivement le livre chargé d’enluminures. Zorak s’empressait alors de plonger son regard encore embrumé dedans, afin d’éviter celui soupçonneux des généraux. Mais, à loucher de manière aussi peu naturelle sur cet ouvrage, son attention s’amenuisait généralement dans les délais les plus brefs. Le fracas de la reliure de bois sur le pavé le réveillait alors en sursaut, et ses yeux écarquillés croisaient alors la figure impatiente de Flofgher qui tapait de son poing massif sur le dossier de son banc, répétant tel un échos le nouveau forfait fort peu discret du demi-orc. Alors, d’un grand soupir de résignation, Zorak posait sa mâchoire massive entre ses poings, et, ainsi recroquevillé, il restait à fixer la statue de la divinité jusqu’à la fin de la cérémonie. Il songeait à chaque fois qu’il devrait emmener un crayon pour profiter de ce temps « libre » pour écrire à ses parents. Il réfléchissait en même temps à ce qu’il pourrait raconter de passionnant à Seldanna. Enfin, l’une de ses pensées, plus envieuses, allait généralement à Galioneth, dont le statut de mercenaire elfe noir affranchissait de ces séances de prière. Ce dernier l’accompagnait généralement jusque devant le porche, promettant avec son sourire le plus narquois, de « prier pour lui » dans une taverne proche. Il espérait que cet ingrat lui garderait une bière au frais et une place au chaud, s’il parvenait à trouver un coin acceptable. Enfin, lorsque le gong sonnait, alors que chacun se levait apaisé pour savourer l’ambiance singulière baignée de divinité, Zorak franchissait en quelques enjambées le vaste auditorium, et, bondissant comme un fauve, il escaladait aisément toutes les marches menant vers la sortie. Sous l’air dépité mais complice et amusé du clerc Dafarin. Au gré des pieuses escales de la Sainte Armée de l’Ouest, si les cérémonies semblaient toutes aussi ennuyeuses pour le paladin, rien ne semblait pouvoir perturber ce rituel.

*

Si tout va bien, le prochain extrait devrait porter sur le récit suivant : "Les plaines maudites d'Azangrill" aussi surnommé "Dawn of Dwarves" par mes compères américains ! X) Un texte beaucoup plus sombre et un peu plus long aussi. 


Dans tous les cas, à très vite ! :) 


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10 février 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #2

Salutations, ici QdNox ! 


Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un deuxième extrait. 
Puisque les Chroniques comprennent trois autres personnages majeurs, en plus de Zorak-Edward, nous allons commencer doucement les présentations, au gré des extraits. 

Pour ce nouveau passage, voici donc la rencontre du héros avec Galioneth, le mercenaire elfe noir.
D'apparence cynique et hautain (et accessoirement quelque peu sociopathe), Galioneth s'attache pourtant immédiatement à Zorak, qu'il considère comme "son frère jumeau bon et stupide" ("my silly good twin").  

G1

Pour la petite anecdote, les Chroniques sont prévus en deux versions : francophone (dont vous avez l'exclusivité sur ce blog) ; et anglophone (dont certains fragments sont déjà parus sur les réseaux US).

Ainsi, dans la version anglophone, Galioneth dispose d'un léger accent texan. Loin du cliché du cowboy beuglant généreusement en machonnant du jerky, il s'agit plutôt d'un certain flegme et d'une élocution lente parfois mal articulée mais bien rythmée, assez difficile à rendre en version française. Il faudrait imaginer un accent corse, avec un soupçon moins méditerranéen. ;)

Et puisque l'on parle d'accent, Zorak, quant-à-lui, dispose d'un accent français dans la version originale des Chroniques.





Toute une histoire pour un fond de bouillon. Autant, à choisir, Zorak aurait préféré que ce fusse pour de la bière au moins. Tandis qu’il réfléchissait à cela, mâchonnant avec difficulté un de ces morceaux de pain sec obtenu par quelque bonne grâce inattendue, il entendit quelqu’un s’installer à côté de lui.

 

« Hey, p’tit génie ! » interpella cette personne d’une voix rauque et sèche.


Intrigué, Zorak interrompit le fracas sonore de ses mâchoires pour tourner la tête en direction de l’inconnu. Il eut alors la surprise de découvrir le genre de créature qu’il n’avait pas eu coutume de rencontrer auparavant. Et si ses parents lui avaient appris à ne point dévisager les étrangers, même au faciès les plus ingrats ou les plus exotiques, il ne put trahir un mélange d’étonnement et de curiosité sur son visage. En effet, le demi-orc connaissait relativement bien l’archétype de l’elfe : les traits fins, le teint blafard et les longues oreilles. Or, si la personne à ses côtés présentait une silhouette longiligne assez caractéristique, sa peau était noire comme la suie des canons et ses yeux rougeoyaient avec un éclat de grenat malicieux rendant le jeune paladin quelque peu mal à l’aise. Loin de s’émouvoir d’être ainsi passé en revue par son voisin de table, l’elfe reprit la parole avec le même entrain :

« Dis voir, comment as-tu réussi pour obtenir la charité de son "excelentissime révérentissime" Clerc Dafarin ?
    
- Hein ? » Répondit simplement Zorak, quelque peu perdu au milieu de la joute verbale de son interlocuteur.

D’un mouvement plus rapide qu’un coup d’estoc, le frêle gaillard saisit l’un des fragments de pain sec.

« Tu partages, mon pote ? demanda-t-il avec un sourire quelque peu acide.

 

- Eh oui, pas de problème.

 

- Formidable ! S’enthousiasma-t-il en récupérant d’autres morceaux à la hâte sur la table, merci pour ta générosité, soldat ! »

 

Zorak acquiesça d’un hochement de tête, avant de reprendre le cours de son repas. Cette fois-ci, ce fut au tour de cet elfe étrange de le dévisager avec encore moins de subtilité qu’il ne l’avait fait auparavant, bouche bée, avant d’éclater d’un rire grêle et glacial.

 

« Bon, en échange, je vais te filer un conseil d’ami… Arrête de bouffer ce truc à pleines dents, parce que même avec tes chicots de devant, tu vas finir par te faire péter l’os de la maxillaire, bonhomme !

 

- Ah bon ?


- Je ne suis on-ne-peut-plus sérieux ! Regarde et contemple !
»

 

L’elfe sortit une dague de sa besace et commença à cisailler sa pitance aussi sèche qu’une pierre.

« La vache, il nous a pris pour des nains armés de pioche, ou quoi, ce con ! Comment tu peux casser un truc pareil ? » S’emporta le gaillard, quelque peu frustré par l’échec précoce de sa démonstration.

D’un bond véloce, il quitta la table vociférant davantage. Imperturbable, Zorak songeait simplement qu’il était l’elfe le plus étrange et au langage le plus fleuri qu’il eût rencontré jusqu’à présent. Au bout de quelques minutes, l’énergumène resurgit avec un arsenal de pierres de toutes tailles. Inspectant la paume de Zorak la plus proche de lui, il en choisit une qu’il posa immédiatement en équilibre sur ce pain qui osait lui résister.

 

« Vas-y, p’tit gars, rends-moi un service : cogne là-dessus ! »


De son poing massif, Zorak fracassa effectivement sans difficulté cette pâte sèche en miettes, mais également l’auriculaire de la main de l’elfe, qui s’était retrouvé dans la trajectoire de la pierre.


«  Ah, merde ! déclara simplement celui-ci en se rendant compte de l’incident avant de reprendre, bon boulot, camarade ! »

 

Complètement insensible à sa phalange sanguinolente, l’elfe s’empara d’une poignée de miettes qu’il sema dans son assiette de soupe, comme on lancerait quelque obscur sortilège.


« Voilà, tu vois, là, ça devient mangeable, ton truc ! expliqua-t-il ensuite.

 

- Je ne sais pas, avoua Zorak, si ça vous casse un doigt à chaque fois, ce n’est pas très rentable, non ? »

 

La réaction de son interlocuteur fut un grand éclat de rire. Décidemment, le demi-orc songeait qu’il avait le don pour faire rire les elfes et les handicaper d’une main (*).  

 

« J’t’aime bien, toi ! lui lança ce dernier en accompagnant ses paroles d’une claque dans le dos du paladin, allez, c’est quoi ton nom, champion ?

 

- Zorak-Edward Von Pelligrew, mais tout le monde m’appelle plutôt Zorak, ou plutôt par mon nom de famille, ici.


- Von Pelligrew, hein,… oh, un gars de la haute, ici ? Et je vois qu’on porte une belle chevalière, pas vrai ? » Lança l’elfe en regardant avec attention le seul bijou que portait effectivement Zorak, une bague en or gravée aux armoiries assez mystérieuses de sa famille.


« Oui, ce sont les blasons de mes parents, expliqua-t-il simplement.

 

- Genre… "tes" parents ? Tu veux dire que ton père orc et ta mère sont restés en "bon terme" ?

- C’est ma mère qui est orc. »


A cette réponse, l’autre esquissa une moue de totale surprise, avant de reprendre simplement.

« Woh, je vois... Décidément, tu m’as l’air d’être un mec hors-du-commun, Zorak, commença-t-il avant d’esquisser un sourire carnassier, et puis, hein, je dois avouer que je t’ai vu à l’œuvre tout à l’heure au cours de la débandade, là… tu es très prometteur pour un petit blanc-bec tout juste sorti de l’école.

 

- Je n’ai pas été si brave que ça.


- T’en fais pas pour ça, les éloges, y’en a toujours plus pour les morts que des vivants, de toute façon. » Après un nouvel éclat de rire sombre, il tendit la main en direction de Zorak.

« Mon nom est Galioneth…et tout le monde m’appelle Galioneth ! »

*

(*) : Mentionné précédemment dans le récit. Eldenor, le maître d'arme de Zorak était un elfe. Il a perdu un doigt lors d'un excès de rage incontrôlé de son jeune élève, mais ne lui en avait jamais tenu rigueur.  


Et pour finir, une petit musique d'ambiance qui correspond tout à fait au personnage... 
(Attention à vos oreilles, il s'agit de power métal ^^)

Vhäldemar feat Alberto Rionda (AVALANCH) - Against all Kings

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05 février 2018

Les chroniques de Balcmauh : Extrait 1

Salutations, Nocturnes de tous horizons ! 

Ce blog est encore en construction. De même que la rédaction du recueil de nouvelles ayant motivé sa création.

Pour les présentations, le contexte, tout ça, nous aurons l'occasion d'y revenir plus tard. Et de toute façon, si vous ne me connaissez pas encore, vous apprendrez à vos dépends qu'on fait plutôt dans le brut de décoffrage avec moi, avec parfois des romances à coup de crosse de Beretta (dans un autre univers°... 

Bref, vous suivrez ici les aventures de Zorak-Edward Von Pelligrew, le demi-orc enrôlé depuis sa jeunesse auprès de la Sainte Armée de l'Ouest. 

Les images et les textes sont préparés avec amour par votre serviteur, QdNox, et sont donc non-libres de droit. Si vous souhaitez récupérer quoi que ce soit pour vous "inspirer", vous pouvez venir me contacter par le media de votre choix. Nous en discuterons de façon cordiale, promis ! 

Sur ce, bonne lecture ! 

zorak diary6_1





« Ainsi donc, voilà, à quoi ça ressemble, en vrai, le retour d’une bataille ? »

Les guerriers qu’il avait rencontrés, y compris son propre père, parlaient généreusement des combats, faites de prouesses martiales ou de revers stratégiques. En revanche, aucun ne lui avait jamais conté les longues minutes qui suivaient le retour au campement. Ce moment où l’on cherchait du regard les copains, où l’on trébuchait sur le corps de l’un d’eux par hasard, où l’on se rendait compte qu’on avait une odeur puante de sang plein la gorge. Il y avait aussi ce silence lourd comme peu d’autres instants en sont hantés, et le bruissement sinistre des chariots renversés par le souffle d’une explosion, sur le flanc, comme les chevaux éventrés en surnombre par les assauts des piquiers. Dans les rangs, il apercevait les larmes des paladins de tous rangs, que les joues collantes de sueur ne parvenaient à retenir.

L’instant précis où l’homme est face à toute l’horreur et la bestialité animant les guerres, toute son horreur, toute sa propre bestialité. Tel était l’ampleur du fardeau qu’il devra laisser au pied des remparts, pour le récupérer comme une vieille compagnie dès le prochain assaut.

Soudain, la horde désorganisée interrompit sa sinistre avancée devant la vue du général en chef. A son armure sans accroc et à la fourrure étincelante de son destrier, Zorak en déduisit que ce frêle chevalier devait se trouver assez éloigné des tirs d’arquebuse et des piques adverses pour avoir gardé, dans un pareil carnage, l’éclat de l’un et les tripes du second… Aussi le discours saluant leur retour et leur bravoure eût-il un goût particulièrement glacial et amer. Et tandis que le jeune demi-orc restait relativement statique et impassible au milieu de l’assemblée, plusieurs de ses camarades de promotion, au regard complètement vide, virent plaquer leur front contre ses épaules, relâchant ainsi tout leur sanglot. Il les accueillit d’une de ses claques amicales qui fut leur signe de ralliement pendant ces années à l’école des Paladins. Des années d’insouciance qui leur paraissaient soudain si lointaines.

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