La taverne des Nocturnes

02 septembre 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #9

Salutations, les Nocturnes ! 

Comme promis, un nouvel extrait des Chroniques. J'ai profité de ces derniers jours pour bien avancer. Avec un peu de chance, la première version complète de Dawn of Dwarves sera terminée dans la quinzaine. J'aime assez la tournure de ce texte. J'ai hâte de vous le présenter dans son intégralité ! 

En attendant, passons aux présentations informelles entre deux des protagonistes.

L'extrait se passe au moment où Thoradrimm Bouclegivre entreprend de dérober ce qu'il pense être un artefact magique... à la barbe-même de Flofgher, le Haut Clerc, encore bien abîmé par de récents combats.  

Sauf si je change d'avis, ce sera le dernier extrait de la nouvelle en cours... :) 


*

La magie irradiant les lieux était particulièrement puissante depuis la tombée de la nuit. Thoradrimm considérait cela comme un remarquable coup de destin. Le collier de ce nain des montagnes en était forcément la source. Mêlant ses doigts tremblants à ce chaos cuivré et hirsute, il pensait simplement à son objectif. Venger les siens, sauver ce qui peut encore l’être, et détruire les elfes. D’un coup sec, il s’empara du collier. En guise de réaction, la gemme emprunt de l’énergie du clerc émit une brève lueur. Bien que furtive et blafarde, rapidement étouffée par l’aura d’arcane qui enveloppait son nouveau propriétaire, elle suffit à livrer les traits de celui qui venait d’être aussi lâchement dépouillé. La lumière dans les ténèbres de son âme torturée. Ce visage… Oui, ce visage lui était familier. Gravée en sa mémoire comme sur chaque pierre de ce lac maudit qu’il avait emplies de runes rageuses, comme les épitaphes qu’il avait promis au repos de ses proches. A Azangril. C’était lui ! Bouleversé, Thoradrimm perdit la notion-même de son geste cupide. Tandis que son regard ne pouvait quitter celui complètement clos et perdu dans la pénombre, les pensées se consumaient en son esprit. Peut-être que la présence du Haut Clerc n’était pas fortuite. Peut-être qu’il avait mené la Sainte Armée de l’Ouest jusque ici pour sauver les nains d’Azangril. Pour le sauver, lui. A ce moment, rien n’aurait pu captiver davantage son attention que cette figure fiévreusement endormie, juste à portée de ses paumes. Pas même la corruption la plus séduisante dont étaient capable les entités des cercles démoniques. Quelque chose de plus puissant venait de se forger en sa poitrine. Quelque chose de pur, loin de ce magma aveuglant pétri de haine et de remords qui le possédait auparavant. Malheureusement pour le jeune nain en émoi oubliant toute prudence, le réveil fut brutal. Du moins tout autant que le fut celui de Flofgher, découvrant un inconnu à quelques centimètres de ses lèvres tenant dans une paume plus que coupable, son précieux joyau de Thunderbold. 

*

Bonus : Musique d'inspiration... 

 

 

 

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05 août 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #8

Salutations, les Nocturnes ! 

Après encore une courte interruption des parutions, on se retrouve ici pour un nouvel extrait ! 
Toujours Dawn of Dwarves. Et ce sera probablement l'avant-dernier que je laisserai pour cette nouvelle (qui s'avère finalement assez longue).  

Ici, nous retrouvons, Zorak après l'une des plus terribles déroutes de la Sainte Armée de l'Ouest. Leur adversaire, Galioneth le connaît très bien. Au gré de leur conversation, l'elfe noir avait aussi mentionné de précieux alliés d'autrefoi. Sans toutefois les nommer, au grand dam du demi-orc... Pourtant, dans le contexte actuel, ils ne seraient pas de trop pour lutter contre ce fléau. 

( Pour infos, la conversation entre Zorak et Galioneth est un moment assez intéressant du récit. 
Alors que d'ordinaire, l'un se démarque par ses punchlines rapides et l'autre par son manque de réflexion, là, Galioneth est lancé dans de longues tirades expliquatives, ponctuées par des questions pertinentes de Zorak. On ressent bien l'équilibre hyper-complémentaire entre les deux persos. Je ne le poste pas ici car il dévoile une grande partie de l'intrigue et, contrairement à d'ordinaire, il s'agit d'un discours "à la maïeutique" entre l'elfe noir et le demi-orc. Cela ferait donc un gros pavé de texte sans contexte, donc rien de très pertinent... ) 

*

Après une journée aussi éprouvante, Zorak songeait à prendre un peu de repos dans sa tente. Cependant dans le contexte actuel, il lui était difficile de trouver suffisamment de quiétude pour fermer l’œil. Après s’être roulé en boule sans aucun succès pendant près d’une heure, il avait fini par se résigner, dépliant sa puissante carrure pour errer un peu à la belle étoile. Le camp était sinistrement silencieux. La faute aux effectifs manquants ou mourants. Mais aussi à la désertion totale de distraction. D’ordinaire, les places fortes devenaient rapidement des petits villages d’appoint, peu de temps seulement après l’installation des fondations. Les habitants des alentours venaient y chercher refuge pendant la période des conflits, transportant volontiers leurs divers commerces entre les murs d’enceinte. On pouvait ainsi écouter de la musique, découvrir quelques spécialités culinaires des environs, et même acheter quelques jolies pièces de cuir exotique ou de joaillerie pour constituer ses propres breloques. Zorak appréciait particulièrement la présence de quelque tanneur avec lequel discuter sur son art assez méticuleux. Les artisans étaient d’ailleurs souvent surpris de voir un gradé aussi grand connaisseur de leur propre métier, mais ils n’étaient jamais avares de conseils à son égard. De bons moments, somme toute. Mais, cette fois-ci, aucun marchand, pas la trace du moindre habitant, pas même un seul paysan curieux ou égaré. C’était comme si les milliers de personnes normalement recensées ici étaient toute terrées dans des terriers, ou avaient soudainement cessé de respirer. Après ce qu’ils avaient trouvé au hasard des fourrées avec Galioneth, le paladin espérait sincèrement que ce tas de cadavres ne fût pas un simple aperçu de l’état général des environs. En repensant à son ami, Zorak essayait justement de remettre de l’ordre dans toutes les informations que ce dernier lui avait fournies. Histoire de se souvenir de l’essentiel, sur le long terme. Car l’elfe noir avait raconté beaucoup de chose devant sa pinte de bière… Lui qui était d’ordinaire peu loquace et plutôt friand des petites phrases bien placées, il avait pris beaucoup de temps à expliquer cette vieille histoire des Hauts Elfes. Finalement, lorsqu’il se remémorait consciencieusement leur discussion, le demi-orc remarquait l’évocation récurrente d’« alliés » apparemment efficaces pour casser des elfes, et des elfes zombies. De qui pouvait-il bien s’agir ?

« Des nains, peut-être ? »

Pourtant, Zorak imaginait difficilement ces derniers traiter des elfes longilignes comme Galioneth de « petites pointures », sauf s’ils seraient dotés de grands pieds ou d’un piètre sens de l’observation ! Ces deux conditions étaient fort peu compatibles avec l’idée qu’il se faisait de redoutables guerriers. Encore un mystère qu’il lui faudrait comprendre. Zorak commençait à regretter le temps encore pas si lointain où il pouvait cogner sur des ennemis à tout-va sans réfléchir.    

 

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Bonus musical : Armata strigoi, produite par les lycans fous inquisiteurs de Sarrebuck (Powerwolf)

POWERWOLF - Armata Strigoi (Official Lyric Video) | Napalm Records

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24 juillet 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #7 Dawn of Dwarves (3)

Salutations les Nocturnes, 

Allez, continuons de faire un peu de bruit à la taverne ! 

Extrait d'ambiance de champ de bataille, mais aussi de complicité/rivalité entre Zorak, le demi-orc paladin et son ami nain, Flofgher le Haut-Clerc de la Sainte Armée.


*

Le clerc cachait difficilement son soulagement à la vue de son vieil ami. Aucune once supplémentaire de gratitude n’émana de sa barbe cuivrée rougeoyant de sueur et de sang. Les deux compères étaient en compte depuis longtemps. Seulement, face à la horde d’adversaires dégueulant en leur direction, Flofgher fit un constat quelque peu amer : les fracas de l’épée du demi-orc rivalisaient sans mal avec ses incantations mystiques, pourtant emplies de lumière. Et au moins, après des heures de combat, le colosse aux crocs bien acérés ne semblait pas souffrir d’une atroce migraine, comme celle qui lui vrillait les tempes en ce moment…

 
« Toujours prêt à en découdre, hein, Zorak ? » lui lança-t-il pourtant en guise de défi.

 

Le paladin répondit d’un sourire féroce. De toute évidence, en joignant leurs forces, ils pourraient regagner du terrain, et offrir au moins une issue à leurs camarades en difficulté, fut-ce t-elle aussi éphémère qu’un flocon de neige échouant dans une forge de Thunderbold. Ephémère comme l’était la vie de ses lointains cousins à Azangril, mais il ignorait encore tout de cette tragique histoire…

 

*

Stupéfait, le Haut Clerc fixait la scène surnaturelle et complètement épouvantable qui se déroulait face à lui. Ses sens de haut dignitaire de la Lumière lui avaient permis de repérer un cercle magique. Le même genre de rituel qui avait changé quelques camarades d’infortune en torches enflammées hurlant de douleur. Seulement, cette fois-ci la figure mortifère cernait l’ombre de Zorak. Sans trop se laisser d’espace pour les longues réflexions, Flofgher avait hurlé à pleins poumons, avant de se ruer en direction de son ami. Une vive douleur coupa brusquement son souffle rauque, ainsi que sa course. Dans un sursaut d’acharnement, dont seuls les nains des montagnes ont le secret, il continuait de ramper, même avec le flanc perforé par deux carreaux d’arbalète, faisant fi du flot de sang arrivant en sa gorge, il continuait d’interpeller Zorak à quelques mètres de là. 

*

Bonus du jour : La splendide illustration de Flofgher, fraîchement colorisée par l'ami Président Touffe-Touffe
(page facebook : https://www.facebook.com/PresidentTouffeTouffe/). 
Au total, il y a une série de 4 illustrations, qui serviront d'illustrations et d'ex-libris au recueil. 


Final 2 - signe

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10 juin 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #6 Dawn of Dwarves (2)

Salutations, 

Et c'est reparti pour une ambiance bien joyeuse ! Cette fois-ci, nous partageons les pensées amères de Zorak. 
L'armée dans laquelle il exerce vient d'essuyer un revers magistral, face à un ennemi d'apparence invulnérable. 



Jamais la Sainte Armée de l’Ouest n’avait connu pareille débâcle. On ne comptait plus ni les blessés ni les morts, et encore moins les déserteurs. Sur le chemin du retour, Zorak avait repéré le général-en-chef, le même qui l’avait accueilli au retour de sa première bataille. Cette fois-ci, même lui n’avait su préserver son intégrité physique, et encore moins la fourrure immaculée de son destrier…

Dès son arrivée au campement, le demi-orc eut la surprise d’être convoqué sur-le-champ, et nommé commandant dans la foulée. Dans un pareil contexte, il lui était difficile de comprendre la raison de cette aussi soudaine décision : si la reconnaissance de ses nombreux exploits semblait la plus juste, l’amoindrissement brutal des meneurs d’hommes, à l’issue de cette bataille, paraissait la plus évidente raison. Et bien qu’il ne tirait aucune gloire de cette promotion opportuniste, il grimaça quelque enthousiasme face à ses supérieurs. Juste histoire d’éviter de finir dans le charnier en contrebas pour une simple question de galon. Une fois qu’il eut pris congés de l’état-major, la première réaction du paladin fut de hausser les épaules. Il n’était point d’humeur à fêter cela devant une choppe de bière. En venant se poser à son carré habituel, il fit alors un constat bien amer : De toute sa promotion, engagée il y a une quinzaine d’années, il était le dernier encore en vie.  

WIP d'une illustration prévue pour le recueil. Tout à fait en accord avec le texte, encore un peu brouillon sur cette partie de l'histoire...  

Capture d’écran 2018-06-10 à 13

Et petite musique d'ambiance (car le nouvel album d'Eluveitie est très inspirant et regorge de pépites !)

 

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04 juin 2018

Les Chroniques de Balcmauh Extrait #5 : Dawn of Dwarves

Salutations, 

Après une assez longue hibernation (malheureusement nécessaire), nous allons enfin reprendre les activités sur la Taverne des Nocturnes. La rédaction des nouvelles a repris à bon rythme. Il est donc temps de partager l'introduction de la troisième nouvelle. Celle que ma bande de texans surnomme "Dawn of Dwarves". Cette nouvelle s'annonce comme la plus sombre du registre, puisqu'on arbordera de joyeux thèmes comme la ségrégation, le fanatisme religieux et génocidaire, bref des thèmes que j'ai toujours essayé de contourner jusqu'alors, parce que l'on ignore toujours comment sera perçu le discours, au final. ^^

Le temps de quelques extraits, on va donc se plomber un peu l'ambiance, mais, heureusement, Zorak et ses joyeux drilles seront là pour ajuster le tir dans la bonne humeur. En attendant, nous allons faire connaissance du quatrième protagoniste des Chroniques : Thoradrimm Bouclegivre (IceBuckle, en anglais), le nain des collines, alors en promenade sinistre dans sa ville natale...

*  

Il marchait sans un mot comme une ombres errante. Ses pas sifflaient sur les pavés de marbre, traversant les ruelles délabrées et les palais avec la même indifférence. Il donnait l’impression de ne plus être de ce monde. Le genre de constat qui lui aurait semblé une bien amère consolation : S’enfuir, tel était son vœu le plus cher. En effet, bien qu’étincelante à la lueur des trois lunes, la cité d’Azagril était maudite. Autrefois un modèle de prospérité et d’abondance, comme l’évoquait si souvent son père, des rancoeurs centenaires avaient rongé toute la gloire passée, fondu à l’acide les souvenirs heureux et solidaires, pour laisser des idées nouvelles particulièrement abjectes germer de ses cendres fumantes. Entre les remparts d’albâtre, dorénavant, la haine et la misère s’entraînaient dans une valse funèbre, s’acharnant sur les restes d’humanité comme une hyène à un fragment de charogne putride. Il n’y avait définitivement plus d’avenir ici. Avec l’instauration du couvre-feu, seuls les élites elfes et les travailleurs de la mine étaient autorisés à se déplacer. Les uns librement, les autres perclus de chaines. Aussi, il connaissait les risques de s’aventurer jusqu’à cette nervure nacrée de la cité. Surtout avec sa stature et son accoutrement, n’importe quel milicien, même le moins perspicace reconnaîtrait un nain, aux tempes affublées du tatouage des arcanistes, une magie interdite et honnie des elfes. Si beaucoup de ses proches soupiraient, cherchant à justifier son comportement par l’inconscience puérile de la jeunesse, lui ne voyait que son possible salut et celui de son peuple. Il devait comprendre, comprendre d’où venait la soif sanguinaire des tyrans de la cité. Et surtout, il devait trouver le moyen de les renverser. Quelque soit le prix personnel à payer.

*

25hBD 2017_8

Au passage, l'année dernière, dans le cadre des 25h de la BD et de l'illustration, j'avais créé une petite histoire, qui pourrait servir aisément de prologue à la nouvelle. Allez jeter un coup d'oeil par là, si cela vous intéresse
(D'ailleurs, l'ilustration est issue de ces pages). 

A bientôt !

 

(Musique d'ambiance)

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28 avril 2018

La reprise !

Salutations, 

Après un petit moment de pause, l'activité devrait reprendre son cours à la Taverne des Nocturnes ! 

Pour donner un résumé de l'avancée du projet.
A l'heure actuelle quatre nouvelles sont terminées. Mine de rien, c'est la moitié de la trame initiale... ;)  

En ce moment, je suis toujours dans la rédaction de "Dawn of Dwarves". Comme prévu, c'est un récit très sombre. Il implique de trouver un dosage entre des thématiques sensibles, tout en gardant le rythme et cette franche sympathie mis en place au cours des histoires précédentes. L'idée est de réussir à intégrer cette nouvelle-là, sans plomber l'ambiance.
En même temps, j'aimerais réussir à venir questionner la morale du lecteur. On ne dirait pas, comme ça, mais il s'agit d'un vrai challenge pour moi.
Bon, j'espère parvenir à rendre ma copie d'ici un mois... 


Pour les trois dernières nouvelles, j'ai déjà les lignes claires du scénario. 

Du coup, on devrait pouvoir se donner rendez-vous en Septembre-Octobre prochain pour le recueil final. La version francophone, en tout cas ! 

En attendant, bien sûr qu'il y aura toujours des extraits par ici. 
Mais aujourd'hui, ce sera plutôt un sketch. Petit fanart de mon personnage récurrent sur World of Warcraft : Un moine orc, probablement l'une des combinaisons les plus improbables.

Capture d’écran 2018-04-26 à 23

Il a la particularité d'être très pointilleux sur ses tenues vestimentaires.  

Capture d’écran 2018-04-07 à 09

 

 

 Du coup, prenez soin de vous, et à très vite ! 

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26 mars 2018

23h de la BD Edition 2018

Salutations, 

Cette semaine, pas d'extrait à la taverne. Au cours des prochaines semaines, je vais pas mal finaliser les premières nouvelles en vue d'une première impression à la cool (pour une expo). 

Je ne viens pas pour autant les mains vides. Samedi a eu lieu un petit challenge de BD traditionnel du passage à l'heure d'été, les 23h de la BD. 
En collaboration avec Camille, une amie artiste (<3), et sous la suggestion de Bidul, mon frère, nous avons quelques peu visité une partie du lore des chroniques de Balcmauh. 

L'histoire n'est pas terminée, mais elle devrait être complétée au gré des jours.

Bref, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil ici : 

https://www.23hbd.com/?pg=participation&pt=4731&an=2018 

 

23hBD_1

23hBD_2

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17 mars 2018

Chroniques de Balcmauh Extrait#4

Salutations, 

Mes sincères excuses pour l'absence d'extrait la semaine dernière.
Comme redouté, la nouvelle suivante (Dawn of Dwarves) est un peu plus compliquée à écrire...Du coup, aujourd'hui, au menu, ce sera encore "Miroir d'argent".
Mais un extrait particulièrement bien dans le thème de cette journée de Saint Patrick, puisqu'il sera ici question de religion (un peu) et de bière (beaucoup).  

*

La colère de Zorak semblait s’être estompée depuis les premières gorgées de bière. Cependant, il restait dans son regard comme un éclat singulier de détermination. Cet air fort familier à ses camarades, annonçant une nouvelle épopée stupidement héroïque du demi-orc. Ainsi, pour essayer de s’en prémunir, et éviter d’autres déboires avec les « grands manitou », Galioneth demeurait docilement à ses côtés, guettant ses moindres faits et gestes. En conséquence, puisque se considérant le sage garde-fou de ce limier elfe noir parfois sanguinaire, Flofgher n’avait d’autre choix que de rester à veiller à son tour, en dépit de la quantité de houblon accumulée au fil des heures. La résistance des nains au poison, et notamment à n’importe quelle substance alcoolique fermentée, aurait dû le prémunir de cet état de somnolence dont il souffrait à présent. Mais la consommation du clerc, ce soir-là, ne s’était pas limitée à la seule chopine rapportée à bout de bras. Et la raison allait bien au-delà de la soufflante prononcée par ces humains de généraux… En dépit de son apparente assurance lors de la précédente réunion de fortune, Flofgher n’avait réussi depuis lors à s’ôter un doute atroce de sa tête, pourtant d’ordinaire bornée et hermétique à tout nouveau concept. En effet, on pouvait reprocher à Zorak sa naïveté déconcertante, dont il découlait une honnêteté sans faille, et aussi féroce que sa lame. Or au milieu des hautes instances l’accusant d’infâme blasphémateur, et en dépit de la menace d’une cours martiale pour juger de son sort, il avait refusé de revenir sur ses propos. Même lui, son vieil ami, n’avait pu obtenir quelque confidence contradictoire ou au moins dissonante avec ses précédentes déclarations. Flofgher avait eu plus de mal à le convaincre de garder le silence qu’il n’en avait eu à endormir les soupçons des chefs. Aussi, ce doute insupportable revenait le hanter, même avec la cervelle pataugeant dans l’alcool : Et si Zorak ne s’était pas trompé ? S’il avait vraiment vu quelqu’un dans le miroir ? Cette question en charriait tant d’autres dans son esprit, comme un éboulis de pierres titanesque généré par le simple battement d’aile d’une libellule. Aussi, à défaut de pouvoir rassurer ses convictions ainsi rongées à vif, il s’était enivré de façon fort excessive. Rien de bien réprimandable pour un gars de Thunderbold, sa contrée natale peuplée de joviaux mineurs, mais trop peu raisonnable pour un gradé de son rang. A tel point qu’en le voyant revenir, Galioneth lui avait demandé s’il cachait un autre tonneau sous son armure d’étoffe.  


« T’es toujours bon pour rouler jusqu’à la remise, Flofgher ?… »


Toujours affalé au sol, à fixer d’un air vide le ciel étoilé, l’intéressé répondit d’abord d’un simple grognement avant de frapper son ventre pour libérer un rot tonitruant.

 

« En voilà, un bon sermon !... » se moqua l’elfe noir. Ses mains sèches faisaient jongler une choppe translucide, qui finit bientôt sa course quelques mètres plus loin dans un éclat de cristal et d’acier. Ce fut en tout cas la dernière chose que Flofgher entendit ce soir-là.

Capture d’écran 2018-03-16 à 23

Portez-vous bien ! :)

Bonus musical (parce, fête irlandaise, certes, mais il ne faudrait pas oublier les pirates écossais pour autant !)


ALESTORM - Hangover (Taio Cruz Cover) | Napalm Records

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24 février 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Réfléxions et Extrait #3

Salutations ! 
Ici QdNox. 

Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un troisième extrait. 
L'occasion aussi de faire un peu le bilan sur le projet. Le coin demeurant relativement calme, on peut donc se poser pour bavarder un peu de tout cela, tranquillement...

Le recueil continue d'avancer petit à petit au gré des heures que je peux consacrer à l'écriture. Pour le dire autrement, le rythme actuel de 1200 mots par session en moyenne pour la version française (et beaucoup moins pour la version anglophone ^^"), mais avec seulement une session par semaine. ^^" 
Pour l'instant, plusieurs histoires sont terminées, d'autres sont en chantier tant que je ne trouve pas le bon équilibre dans le registre de langage.

L'un des obstacles du premier cercle de récits demeure l'introduction de Flofgher Dafarin, le clerc, autre personnage principal majeur au côté du héros. Juste une histoire de "balance" à trouver, compte tenu de son côté religieux ultra-conservateur. Et pour rendre l'affaire d'autant plus compliquée, contrairement aux autres personnages, l'évolution de Flofgher ne se fait pas vraiment en douceur : en effet, ses convictions tombent les unes après les autres et ,caractère en acier forgé de nain oblige, il refusera de l'admettre, un choix lourd de conséquences. Ainsi la description initiale du personnage est importante car elle donnera aussi aux lecteurs le ton de base. J'aimerais finalement livrer le discours d'un gars en quête de vérité, plutôt qu'un adorateur aveugle qui va rapidement en prendre plein la figure sur les raisons motivant sa foi. 

Capture d’écran 2018-02-24 à 15

 

Aussi, aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un passage de la nouvelle "Le Miroir de l'Âme". Une façon de découvrir un peu à tel point Zorak et Flofgher s'opposent et se complètent en même temps. 

Le Miroir de l’âme / Accross the Soul’s Looking-Glass


Comme au temps de son noviciat, les temps de prière demeuraient toujours quelque chose de bien obscur pour Zorak. Au moins, lorsqu’il était une jeune recrue sortie de l’école, personne ne remarquait ni ne s’émouvait de son absence aux cérémonies. Or, ses nouveaux galons de capitaine impliquaient ce genre de nouvelles responsabilités dont il se serait bien passé. Lors des premières séances, à la vue du désarroi sincère de son ami, Flofgher l’avait invité à son banc. Cependant les trépignements incessants du paladin avaient fini par avoir raison de sa patience, une vertu qui, de toute façon, n’était guère développée chez les nains des montagnes, aussi clerc et aussi diligent fusse-t-il. Délesté de cette compagnie un trop zélée, Zorak avait pu s’acquitter des premiers rangs. Il avait ainsi pris l’habitude de se placer près d’une des grandes colonnes en marbre, le plus près possible de la sortie. Or, si cet emplacement stratégique lui permettait de masquer plus aisément sa somnolence,  l’acoustique s’avérait aussi parfaite pour faire résonner tout l’auditorium de ses ronflements quelques minutes plus tard. Avant que les chefs ne bondissent de leur séant à la recherche de l’outrancier personnage responsable de ce chaos, il y avait alors toujours un complice dans le voisinage pour flanquer un coup de coude salvateur au demi-orc. Et un second tout aussi diligent pour lui tendre hâtivement le livre chargé d’enluminures. Zorak s’empressait alors de plonger son regard encore embrumé dedans, afin d’éviter celui soupçonneux des généraux. Mais, à loucher de manière aussi peu naturelle sur cet ouvrage, son attention s’amenuisait généralement dans les délais les plus brefs. Le fracas de la reliure de bois sur le pavé le réveillait alors en sursaut, et ses yeux écarquillés croisaient alors la figure impatiente de Flofgher qui tapait de son poing massif sur le dossier de son banc, répétant tel un échos le nouveau forfait fort peu discret du demi-orc. Alors, d’un grand soupir de résignation, Zorak posait sa mâchoire massive entre ses poings, et, ainsi recroquevillé, il restait à fixer la statue de la divinité jusqu’à la fin de la cérémonie. Il songeait à chaque fois qu’il devrait emmener un crayon pour profiter de ce temps « libre » pour écrire à ses parents. Il réfléchissait en même temps à ce qu’il pourrait raconter de passionnant à Seldanna. Enfin, l’une de ses pensées, plus envieuses, allait généralement à Galioneth, dont le statut de mercenaire elfe noir affranchissait de ces séances de prière. Ce dernier l’accompagnait généralement jusque devant le porche, promettant avec son sourire le plus narquois, de « prier pour lui » dans une taverne proche. Il espérait que cet ingrat lui garderait une bière au frais et une place au chaud, s’il parvenait à trouver un coin acceptable. Enfin, lorsque le gong sonnait, alors que chacun se levait apaisé pour savourer l’ambiance singulière baignée de divinité, Zorak franchissait en quelques enjambées le vaste auditorium, et, bondissant comme un fauve, il escaladait aisément toutes les marches menant vers la sortie. Sous l’air dépité mais complice et amusé du clerc Dafarin. Au gré des pieuses escales de la Sainte Armée de l’Ouest, si les cérémonies semblaient toutes aussi ennuyeuses pour le paladin, rien ne semblait pouvoir perturber ce rituel.

*

Si tout va bien, le prochain extrait devrait porter sur le récit suivant : "Les plaines maudites d'Azangrill" aussi surnommé "Dawn of Dwarves" par mes compères américains ! X) Un texte beaucoup plus sombre et un peu plus long aussi. 


Dans tous les cas, à très vite ! :) 


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10 février 2018

Les Chroniques de Balcmauh : Extrait #2

Salutations, ici QdNox ! 


Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour un deuxième extrait. 
Puisque les Chroniques comprennent trois autres personnages majeurs, en plus de Zorak-Edward, nous allons commencer doucement les présentations, au gré des extraits. 

Pour ce nouveau passage, voici donc la rencontre du héros avec Galioneth, le mercenaire elfe noir.
D'apparence cynique et hautain (et accessoirement quelque peu sociopathe), Galioneth s'attache pourtant immédiatement à Zorak, qu'il considère comme "son frère jumeau bon et stupide" ("my silly good twin").  

G1

Pour la petite anecdote, les Chroniques sont prévus en deux versions : francophone (dont vous avez l'exclusivité sur ce blog) ; et anglophone (dont certains fragments sont déjà parus sur les réseaux US).

Ainsi, dans la version anglophone, Galioneth dispose d'un léger accent texan. Loin du cliché du cowboy beuglant généreusement en machonnant du jerky, il s'agit plutôt d'un certain flegme et d'une élocution lente parfois mal articulée mais bien rythmée, assez difficile à rendre en version française. Il faudrait imaginer un accent corse, avec un soupçon moins méditerranéen. ;)

Et puisque l'on parle d'accent, Zorak, quant-à-lui, dispose d'un accent français dans la version originale des Chroniques.





Toute une histoire pour un fond de bouillon. Autant, à choisir, Zorak aurait préféré que ce fusse pour de la bière au moins. Tandis qu’il réfléchissait à cela, mâchonnant avec difficulté un de ces morceaux de pain sec obtenu par quelque bonne grâce inattendue, il entendit quelqu’un s’installer à côté de lui.

 

« Hey, p’tit génie ! » interpella cette personne d’une voix rauque et sèche.


Intrigué, Zorak interrompit le fracas sonore de ses mâchoires pour tourner la tête en direction de l’inconnu. Il eut alors la surprise de découvrir le genre de créature qu’il n’avait pas eu coutume de rencontrer auparavant. Et si ses parents lui avaient appris à ne point dévisager les étrangers, même au faciès les plus ingrats ou les plus exotiques, il ne put trahir un mélange d’étonnement et de curiosité sur son visage. En effet, le demi-orc connaissait relativement bien l’archétype de l’elfe : les traits fins, le teint blafard et les longues oreilles. Or, si la personne à ses côtés présentait une silhouette longiligne assez caractéristique, sa peau était noire comme la suie des canons et ses yeux rougeoyaient avec un éclat de grenat malicieux rendant le jeune paladin quelque peu mal à l’aise. Loin de s’émouvoir d’être ainsi passé en revue par son voisin de table, l’elfe reprit la parole avec le même entrain :

« Dis voir, comment as-tu réussi pour obtenir la charité de son "excelentissime révérentissime" Clerc Dafarin ?
    
- Hein ? » Répondit simplement Zorak, quelque peu perdu au milieu de la joute verbale de son interlocuteur.

D’un mouvement plus rapide qu’un coup d’estoc, le frêle gaillard saisit l’un des fragments de pain sec.

« Tu partages, mon pote ? demanda-t-il avec un sourire quelque peu acide.

 

- Eh oui, pas de problème.

 

- Formidable ! S’enthousiasma-t-il en récupérant d’autres morceaux à la hâte sur la table, merci pour ta générosité, soldat ! »

 

Zorak acquiesça d’un hochement de tête, avant de reprendre le cours de son repas. Cette fois-ci, ce fut au tour de cet elfe étrange de le dévisager avec encore moins de subtilité qu’il ne l’avait fait auparavant, bouche bée, avant d’éclater d’un rire grêle et glacial.

 

« Bon, en échange, je vais te filer un conseil d’ami… Arrête de bouffer ce truc à pleines dents, parce que même avec tes chicots de devant, tu vas finir par te faire péter l’os de la maxillaire, bonhomme !

 

- Ah bon ?


- Je ne suis on-ne-peut-plus sérieux ! Regarde et contemple !
»

 

L’elfe sortit une dague de sa besace et commença à cisailler sa pitance aussi sèche qu’une pierre.

« La vache, il nous a pris pour des nains armés de pioche, ou quoi, ce con ! Comment tu peux casser un truc pareil ? » S’emporta le gaillard, quelque peu frustré par l’échec précoce de sa démonstration.

D’un bond véloce, il quitta la table vociférant davantage. Imperturbable, Zorak songeait simplement qu’il était l’elfe le plus étrange et au langage le plus fleuri qu’il eût rencontré jusqu’à présent. Au bout de quelques minutes, l’énergumène resurgit avec un arsenal de pierres de toutes tailles. Inspectant la paume de Zorak la plus proche de lui, il en choisit une qu’il posa immédiatement en équilibre sur ce pain qui osait lui résister.

 

« Vas-y, p’tit gars, rends-moi un service : cogne là-dessus ! »


De son poing massif, Zorak fracassa effectivement sans difficulté cette pâte sèche en miettes, mais également l’auriculaire de la main de l’elfe, qui s’était retrouvé dans la trajectoire de la pierre.


«  Ah, merde ! déclara simplement celui-ci en se rendant compte de l’incident avant de reprendre, bon boulot, camarade ! »

 

Complètement insensible à sa phalange sanguinolente, l’elfe s’empara d’une poignée de miettes qu’il sema dans son assiette de soupe, comme on lancerait quelque obscur sortilège.


« Voilà, tu vois, là, ça devient mangeable, ton truc ! expliqua-t-il ensuite.

 

- Je ne sais pas, avoua Zorak, si ça vous casse un doigt à chaque fois, ce n’est pas très rentable, non ? »

 

La réaction de son interlocuteur fut un grand éclat de rire. Décidemment, le demi-orc songeait qu’il avait le don pour faire rire les elfes et les handicaper d’une main (*).  

 

« J’t’aime bien, toi ! lui lança ce dernier en accompagnant ses paroles d’une claque dans le dos du paladin, allez, c’est quoi ton nom, champion ?

 

- Zorak-Edward Von Pelligrew, mais tout le monde m’appelle plutôt Zorak, ou plutôt par mon nom de famille, ici.


- Von Pelligrew, hein,… oh, un gars de la haute, ici ? Et je vois qu’on porte une belle chevalière, pas vrai ? » Lança l’elfe en regardant avec attention le seul bijou que portait effectivement Zorak, une bague en or gravée aux armoiries assez mystérieuses de sa famille.


« Oui, ce sont les blasons de mes parents, expliqua-t-il simplement.

 

- Genre… "tes" parents ? Tu veux dire que ton père orc et ta mère sont restés en "bon terme" ?

- C’est ma mère qui est orc. »


A cette réponse, l’autre esquissa une moue de totale surprise, avant de reprendre simplement.

« Woh, je vois... Décidément, tu m’as l’air d’être un mec hors-du-commun, Zorak, commença-t-il avant d’esquisser un sourire carnassier, et puis, hein, je dois avouer que je t’ai vu à l’œuvre tout à l’heure au cours de la débandade, là… tu es très prometteur pour un petit blanc-bec tout juste sorti de l’école.

 

- Je n’ai pas été si brave que ça.


- T’en fais pas pour ça, les éloges, y’en a toujours plus pour les morts que des vivants, de toute façon. » Après un nouvel éclat de rire sombre, il tendit la main en direction de Zorak.

« Mon nom est Galioneth…et tout le monde m’appelle Galioneth ! »

*

(*) : Mentionné précédemment dans le récit. Eldenor, le maître d'arme de Zorak était un elfe. Il a perdu un doigt lors d'un excès de rage incontrôlé de son jeune élève, mais ne lui en avait jamais tenu rigueur.  


Et pour finir, une petit musique d'ambiance qui correspond tout à fait au personnage... 
(Attention à vos oreilles, il s'agit de power métal ^^)

Vhäldemar feat Alberto Rionda (AVALANCH) - Against all Kings

Posté par Flickii à 19:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]