Salutations, les Nocturnes ! 

Mes sincères excuses pour cette longue absence. Il m'a fallu concentrer mon énergie dans d'autres domaines, et de l'énergie, j'en avais très peu à revendre... Heureusement, j'ai toujours un cercle d'irréductibles fidèles sur lequel me raccrocher dans l'adversité !
Bref, nous allons essayer de reprendre le blog doucement. Les Chroniques avancent assez bien, en dépit d'une aussi longue période artistiquement chaotique. 

Voici le premier extrait de la nouvelle faisant directement suite à Dawn of Dwarves : LightLust.   

C'est une nouvelle assez importante à écrire pour le Lore des Chroniques. 

On se retrouve très bientôt !  

 

*

 

La mine grise et les joues collantes de sang, Zorak s’en retournait en sa tente tel un fauve blessé. Pourtant, une fois de plus, et contrairement à bon nombre de ses camarades et même de ses subordonnés, le demi-orc ressortait indemne de la bataille. Physiquement intègre, certes, mais la nouvelle fureur inégalée des combats ravivait un vieil instinct sanguinaire, du temps lointain où il ne contrôlait ni ses émotions, ni sa force. Demeurant lucide, même dans ces instants où tout bouillonnait sous son crâne, il savait ce qu’il devait faire. Les conseils d’Eldenor bourdonnaient dans un coin de son esprit.

« Zorak, vous allez tout de suite m’ôter ce sourire d’enragé de votre petite gueule de con. »

Il serrait les dents, retenant ses hurlements de forcené, qui attiseraient sans mal la panique dans tout le campement.

« Vous en voulez au monde entier, hein ? … Eh bien, prenez-vous en donc à la terre qui vous a fait sortir du néant ainsi. »   

Genoux à terre, il commençait à cogner le sol meuble de ses poings massifs, à s’en fracasser les métacarpes. La douleur était intense, mais il ne s’arrêta qu’au moment où cette fièvre sauvage cessa enfin. Le souffle entrecoupé de râles rauques, il laissa son corps retomber mollement sur ses appuis bien malmenés.

« C’est bon, sa majesté des crocs est calmée ?... »

Il ressentait presque la paume du vieil elfe, frappant sur ses omoplates d’un claquement mat et lourd.

« Allez, mon grand, tout va bien… Du calme, c’est normal… Maintenant, pense à autre chose ! »  

Lorsqu’il était adolescent, ses pensées les plus agréables allaient à ses parents. Aux nombreuses haltes en pleine forêt, à chanter auprès du feu. En grandissant, l’innocence de l’enfance balayée, il avait compris toute la tragédie de ces moments, et la terreur qui emplissait les yeux de sa mère. En son esprit, cela demeurait néanmoins des instants heureux… Mais sa définition du bonheur avait changé, et, bien au-delà de la nostalgie, elle s’inscrivait maintenant dans le futur : le jour où il en aurait fini avec son contrat auprès de la Sainte Armée de l’Ouest. Il imaginait prendre sa retraite dans un coin paisible, probablement une ferme, mitoyenne d’une grande forêt. Et par-dessus tout, il rêvait de finir ses jours auprès de Seldanna. Cependant, compte tenu de l’espérance de vie relativement limitée des demi-orcs, il avait en fait peu d’espoir à ce sujet. Mais si une telle grâce lui serait accordée, il remercierait la Lumière à chaque instant passé auprès de sa dulcinée.

« Tu as une destinée exceptionnelle, espèce de petit con ! Alors tu as intérêt de ne pas la gâcher !... »

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