Salutations, 

Après une assez longue hibernation (malheureusement nécessaire), nous allons enfin reprendre les activités sur la Taverne des Nocturnes. La rédaction des nouvelles a repris à bon rythme. Il est donc temps de partager l'introduction de la troisième nouvelle. Celle que ma bande de texans surnomme "Dawn of Dwarves". Cette nouvelle s'annonce comme la plus sombre du registre, puisqu'on arbordera de joyeux thèmes comme la ségrégation, le fanatisme religieux et génocidaire, bref des thèmes que j'ai toujours essayé de contourner jusqu'alors, parce que l'on ignore toujours comment sera perçu le discours, au final. ^^

Le temps de quelques extraits, on va donc se plomber un peu l'ambiance, mais, heureusement, Zorak et ses joyeux drilles seront là pour ajuster le tir dans la bonne humeur. En attendant, nous allons faire connaissance du quatrième protagoniste des Chroniques : Thoradrimm Bouclegivre (IceBuckle, en anglais), le nain des collines, alors en promenade sinistre dans sa ville natale...

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Il marchait sans un mot comme une ombres errante. Ses pas sifflaient sur les pavés de marbre, traversant les ruelles délabrées et les palais avec la même indifférence. Il donnait l’impression de ne plus être de ce monde. Le genre de constat qui lui aurait semblé une bien amère consolation : S’enfuir, tel était son vœu le plus cher. En effet, bien qu’étincelante à la lueur des trois lunes, la cité d’Azagril était maudite. Autrefois un modèle de prospérité et d’abondance, comme l’évoquait si souvent son père, des rancoeurs centenaires avaient rongé toute la gloire passée, fondu à l’acide les souvenirs heureux et solidaires, pour laisser des idées nouvelles particulièrement abjectes germer de ses cendres fumantes. Entre les remparts d’albâtre, dorénavant, la haine et la misère s’entraînaient dans une valse funèbre, s’acharnant sur les restes d’humanité comme une hyène à un fragment de charogne putride. Il n’y avait définitivement plus d’avenir ici. Avec l’instauration du couvre-feu, seuls les élites elfes et les travailleurs de la mine étaient autorisés à se déplacer. Les uns librement, les autres perclus de chaines. Aussi, il connaissait les risques de s’aventurer jusqu’à cette nervure nacrée de la cité. Surtout avec sa stature et son accoutrement, n’importe quel milicien, même le moins perspicace reconnaîtrait un nain, aux tempes affublées du tatouage des arcanistes, une magie interdite et honnie des elfes. Si beaucoup de ses proches soupiraient, cherchant à justifier son comportement par l’inconscience puérile de la jeunesse, lui ne voyait que son possible salut et celui de son peuple. Il devait comprendre, comprendre d’où venait la soif sanguinaire des tyrans de la cité. Et surtout, il devait trouver le moyen de les renverser. Quelque soit le prix personnel à payer.

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25hBD 2017_8

Au passage, l'année dernière, dans le cadre des 25h de la BD et de l'illustration, j'avais créé une petite histoire, qui pourrait servir aisément de prologue à la nouvelle. Allez jeter un coup d'oeil par là, si cela vous intéresse
(D'ailleurs, l'ilustration est issue de ces pages). 

A bientôt !

 

(Musique d'ambiance)